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Le ravalement de façade par application de revêtements
La norme NF P 84-403 définit des familles de revêtements de façade à partir des
principales fonctions assurées par les systèmes mis en oeuvre :
Système résistant à une microfissure maximale du subjectile de 0,2 mm
Système résistant à une fissuration maximale du subjectile de 0,5 mm
Système résistant à une fissuration maximale du subjectile de 1 mm
Système résistant à une fissuration maximale du subjectile de 2 mm
Systèmes de classe
I1 - I2 - I3 - I4
Systèmes D1 :
Hydrofuges de surface
Lasures à béton
Systèmes D2 :
Peintures à film mince
Systèmes D3 :
Revêtements décoratifs
destinés à masquer
le faïençage du subjectile
Fonction décorative (D)
Fonction d’imperméabilité à l’eau (I)
Systèmes pigmentés
Attention !
Le DTU 42.1 ne vise pas l’application de systèmes incolores. Il ne retient par
ailleurs que les systèmes pigmentés dont la teinte de finition présente un
coefficient d’absorption solaire inférieur à 0,7 (tonalités claires/pastel).
De façon générale, il a été constaté que les revêtements ayant un indice de
luminance lumineuse (Y) supérieur à 35 % présentent un coefficient d’absorption
du rayonnement solaire inférieur à 0,7 – bien qu’il n’existe pas de relation
physique entre ces deux valeurs.
L’application des produits D2 (peintures à film mince)
Elle s’effectue en une ou deux couches.
La première des deux couches s’appelle alors couche intermédiaire. Elle doit
être compatible avec l’impression et le produit prévu en recouvrement.
La couche intermédiaire est souvent la même que celle de finition. L’application
des produits D2 peut être effectuée de façon manuelle ou mécanisée.
L’application des produits D3
RSE : revêtements semi-épais destinés à masquer le faïençage et
RPE : revêtements plastiques épais) Ils s’appliquent en une seule couche de
finition (application manuelle ou mécanisée).
Observation
Pour les RSE destinés à masquer le faïençage, la consommation totale impression
+ revêtement doit être de 700 g/m2, au minimum, selon la norme NF T 34-720.
Attention !
Les arêtes supérieures des surfaces horizontales doivent faire l’objet de
dispositions constructives appropriées (par exemple, corniche, bavette ou
larmier) afin que l’eau de pluie ne chemine pas dans le plan d’adhérence du
revêtement.
DÉCAPAGE OBLIGATOIRE
Attention !
L’application d’un revêtement d’imperméabilité de classe I1 sur un ancien
revêtement d’imperméabilité, même d’une classe supérieure, n’apporte que la
fonction I1.
Modalités d’exécution de l’étude préalable
L’étude préalable doit avoir été exécutée au moment de l’appel d’offre de façon
à ce que les entreprises consultées sachent si elles doivent chiffrer ou non le
décapage du revêtement existant.
Sauf dans les cas mentionnés ci-après, les anciens revêtements organiques
doivent être décapés.
Il est admis de ne pas décaper le revêtement existant si ce dernier est en bon
état apparent (non écaillé, non cloqué…), bien adhérent, et non sensible à
l’eau. Ces critères doivent être vérifiés par une étude préalable.
De plus, lorsqu’il est prévu l’application d’un revêtement I2, I3 ou I4,
l’ancien revêtement ne peut être conservé que si son épaisseur est inférieure à
300 micromètres.
L'article L 132-1 du Code de la Construction et de l'Habitation précise que les
façades des immeubles doivent être constamment tenues en bon état de propreté.
La circulaire du 26 mars 1959 précise en outre qu'il ne s'agit pas seulement
d'une opération de propreté, mais surtout d'entretien par des travaux de
réfection des enduits, boiseries, descentes d'eau, ferronneries, etc…
Outre son intérêt certain pour l'agrément des usagers de l'espace public et
l'attractivité de la ville, cette obligation assure donc un entretien régulier
du patrimoine, et par là même participe à la salubrité et à la sécurité des
immeubles. Elle rejoint par là une gestion "en bon père de famille".
ELEMENTS TECHNIQUES
Un préalable indispensable: l'étanchéité de la corniche:
Les infiltrations d'eau en tête des murs constituent la première source de
dégradation des façades. Il importe donc avant toute intervention de ravalement
de s'assurer de l'étanchéité du chêneau (ou de la gouttière), faute de quoi les
travaux de ravalement seraient rapidement ruinés.
Il peut s'agir:
- d'une simple vérification, en profitant de la présence d'un échafaudage, pour
s'assurer du bon état du chêneau,
- d'une révision, avec remplacement des éléments défectueux de zinguerie et de
boiserie,
- d'un réfection totale, pour les chêneaux les plus dégradés.
La nature des revêtements:
Un erreur assez répandue au milieu du XX° siècle co nsiste à protéger les
façades par un revêtement étanche. Or, non seulement l'essentiel des
infiltrations se fait soit par la corniche, soit par des remontées capillaires,
soit au pourtour des menuiseries, beaucoup plus que par ruissellement, mais
surtout les maçonneries doivent respirer.
En fonction du degré d'hygrométrie, des différences de températures… des
migrations de vapeur se font à travers les maçonneries. Une imperméabilisation
de la surface ne pourrait qu'enfermer l'humidité dans l'épaisseur des murs et en
aggraver la dégradation.
C'est pourquoi les enduits et peintures doivent être choisis avec soin:
- les enduits de ciment sont à proscrire; seuls doivent être utilisés les
enduits à base de chaux, ou dans certains cas les enduits à base de plâtre type
"Enduit du Marais",
- les rejointoiements, de même, doivent être faits à la chaux,
- les peintures doivent être microporeuses de type minéral, appropriées au
support:
*soit badigeons de lait de chaux colorés aux oxydes naturels (plus
particulièrement sur pierres et briques),
*soit peintures minérales à base de silicates (plus particulièrement sur
enduits); en outre, la tenue de la couleur des peintures minérales est nettement
supérieure à celle des peintures "organiques" (résines acryliques, silicones et
siloxanes, vinyliques, polyuréthanes…).
L'agressivité des ravalements
Il importe avant tout de ne pas créer de dégradations irréversibles par des
interventions trop agressives.
Mieux vaut garder quelques traces de salissures que rechercher une apparence de
propreté au prix d'un rabotage des moulures, ou de surfaces de briques, ou de
pierres prenant l'aspect d'un gruyère. Propreté toute provisoire, les surfaces
ainsi rendues rugueuses s'encrassant beaucoup plus vite que les surfaces lisses.
- les sablages sont à proscrire, sauf pour les matériaux tres durs
(ferronneries, grès, certains enduits),
- les briques et pierres calcaires seront nettoyées par lavage, complété en cas
de besoin par un brossage ou un passage de détergents légers. Les microgommages
ne doivent être utilisés qu'avec précaution , sur des matériaux semi durs.
L'aspect des joints est souvent négligé, pourtant leur impact visuel est
considérable.
En règle générale, ils ne sont pas destinés à trancher sur la maçonnerie à
laquelle ils s'appliquent (tel que joints noirs sur pierres blanches ou joints
trop blancs et larges sur les briques). L'aspect de l'architecture est
normalement donné par le dessin de la façade: jeu des couleurs et des matériaux,
pleins et vides, reliefs. Un maillage de joints trop visible rend illisible
cette architecture.
Donc:
- sauf impossibilité technique, les joints d'origine seront conservés, de
préférence au rejointoiement,
- les joints des pierres doivent être traités au mortier de chaux d'un ton
approchant celui de la pierre,
- d'une manière générale, les joints des briques ne doivent pas être élargis
artificiellement (piquetage, sablage…) et seront traités en creux.
- dans les façades XVIII° siècle, les joints seront brossés; les panneaux de
briques sont généralement destinés à être enduits ou badigeonnés
- dans les façades fin XIX° ou début XX° siècle, le s joints d'origine étaient
généralement traités dans le ton de la brique, et des faux joints fins tirés au
fer et peints étaient redessinés après coup. A défaut de ce type d'appareil, il
convient au minimum dans le cas d'un rejointoiement, de se rapprocher de la
couleur du fond.
Pour les joints comme pour l'épiderme des matériaux, l'important n'est pas
d'exhiber la propreté (provisoire), mais d'exprimer la justesse.
Les éléments parasites
D'autres éléments peuvent perturber la perception des façades: menuiseries,
volets roulants, vitrines, enseignes…
Les menuiseries participent au caractère de la façade: proportion entre impostes
et
ouvrants, épaisseur des profils, mouluration, proportion des petits bois
intermédiaires… Autant d'éléments subtils dont l'ignorance contribue à défigurer
une façade. La procédure de ravalement n'impose aucune obligation dans ce
domaine; cependant, lorsque l'aspect des menuiseries est particulièrement mal
venu, il convient (à défaut de remplacement) de les peindre de couleur sombre
pour diminuer leur impact visuel.
Fenêtre à boudin Fenêtre à la française
Une peinture sombre permet de réduire l'impact visuel d'une menuiserie mal
proportionnée
Les volets roulants, sauf s'ils sont prévus lors de la construction de
l'immeuble,
perturbent également la perception des ouvertures: ajout d'éléments en avant des
menuiseries, coffres modifiant la proportion de l'imposte.
Il serait souhaitable de les supprimer lorsqu'ils ne sont pas indispensables. A
défaut, les coffres devraient être habillés par un lambrequin ajouré et mouluré.
Certaines vitrines commerciales ont un grand intérêt et méritent d'être mises en
valeur. D'autres en revanche sont particulièrement mal venues. Si aucune
obligation n'est imposée, il convient au minimum de profiter du ravalement pour
en atténuer l'agressivité.
Il convient enfin de rappeler qu'il existe sur la Ville de Douai un règlement de
publicité. Il convient de profiter du ravalement pour mettre en conformité
toutes les enseignes qui ne le seraient pas.
En outre, la Loi impose le démontage des enseignes devenues obsolètes en cas de
fermeture des commerces.
CLAUSES TECHNIQUES TYPE
Afin de faciliter la consultation des entreprises devant exécuter les travaux,
on trouvera ci-dessous l'essentiel des prescriptions techniques à respecter.
ÉCHAFAUDAGES
L'entrepreneur devra tous les échafaudages nécessaires à l'exécution de ses
travaux. Ces échafaudages seront de type fixe et stables, exécutés selon les
règles de l'art et comprendront planchers continus, garde corps, échelles
d'accès, bâches...
Ces échafaudages seront mis à la disposition des autres corps d'état (notamment
pour les travaux de révision des chêneaux, zinguerie, menuiserie, peinture)
durant le délai nécessaire à l'exécution des travaux de gros oeuvre.
L'entrepreneur prendra tous les contacts nécessaires pour permettre ces
interventions en temps utile. Toutefois, passé un délai d'une semaine après son
intervention, il ne pourra être tenu de conserver son échafaudage, les autres
entreprises devenant responsable de leurs moyens d'accès.
PROTECTION DES BAIES
Pendant toute la durée des travaux de ravalement, les baies concernées feront
l’objet d’une protection étanche aux poussières et à l’eau.
SABLAGE ET REJOINTOIEMENT DES GRÈS
- Protection des éléments en pierre tendre
- Dégradation des joints des grès
- Sablage à l'eau sous pression
- Rejointoiement au mortier de chaux grasse (à l'exclusion de toute chaux
hydraulique), sable et gravier d'Oise avec incorporation de cendrée; joints
brossés
- Calfeutrement au pourtour des menuiseries
- Lavage à l'eau acidulée
LAVAGE ET REJOINTOIEMENT DES BRIQUES
- protection des éléments en pierre tendre
- dégradation des joints en briques
- remplacement des briques dégradées
- lavage à l'eau sous pression, avec brossage soigné; en cas d'encrassement
prononcé, un gommage pourra compléter le lavage
- rejointoiement au mortier de chaux grasse, sable et gravier d'Oise, joints
traités en creux, sans débord sur la face de la brique ; finition brossée.
- rejointoiement au pourtour des menuiseries
- lavage à l'eau acidulée
- les briques manquantes ou dégradées seront remplacées par des briques de
couleur et de modules identiques à l'existant
- les fissures importantes seront renforcées par de épingles de métal
inaltérables (cuivre ou inox) ou de fibres techniques, posées en profondeur dans
les joints avant rejointoiement.
LAVAGE ET REJOINTOIEMENT DES PIERRES BLANCHES
- dégradation des joints au ciseau, lavage à l'eau sous pression, brossage des
éléments de peinture restant incrustés après lavage, lavage chimique des
salissures résistantes ; égalisation après brossage avec enlèvement minimal de
matière de manière à préserver la calcin protecteur.
- rejointoiement au mortier de chaux grasse.
LAVAGE LEGER DES MACONNERIES
Sur les maçonneries en bon état, lavage sans rejointoiement ni dégradation des
joints; avec brossage
des briques et des pierres sans enlèvement de matière, et utilisation éventuelle
d'un détergent léger; rinçage à l'eau claire.
REPRISE DES CORDONS ET CORNICHES EN PIERRES BLANCHES
Sur les moulures en bon état ou faiblement dégradées :
- dégradation des joints au ciseau (à l'exclusion de tout engin mécanique)
- lavage
- sculpture au ciseau des profils de corniche identiques à l'existant ; les
parties faiblement dégradées pourront être retaillées " en tiroir", les petits
éclats pourront être réparés au mortier de chaux grasse; les éléments importants
seront remplacés.
- coulis de chaux en arrière du parement
- rejointoiement au mortier de chaux grasse
- badigeon unificateur
REMPLACEMENT DES PIERRES BLANCHES
Remplacement des éléments de parement manquants ou dégradés :
- refouillement des éléments dégradés à la massette et au poinçon
- réincrustation de pierre calcaire de dureté et de couleur équivalentes
- après mise en place définitive, sculpture au ciseau des profils de corniche et
des sculptures des parties moulurées et égalisation des parements plats et des
profils avec les parties conservées
- coulis de chaux pour calfeutrement en arrière du parement
- rejointoiement au mortier de chaux grasse et lavage.
- badigeon unificateur.
ENDUITS AU MORTIER DE CHAUX
Décapage des enduits éventuellement existants. Dégradation des joints et
nettoyage des
maçonneries existantes et réparation. Exécution d'un enduit au mortier de chaux
grasse:
- gobetis en mortier bâtard pour couche d'adhérence
- une couche de mortier de chaux
- une couche de finition à la chaux pure finement lissée
Pour l'exécution des mortiers, il sera fait exclusivement usage de chaux grasse,
à l'exclusion de toute chaux hydraulique, ainsi que de sable de rivière de ton
clair.
ENDUITS AU PLATRE
Préparation du support et réparation dito enduits de chaux grasse.
Exécution d'un enduit plâtre et chaux type "Enduit du Marais" ou similaire.
Enduit par passe successives de 2 cm d'épaisseur dans un temps suffisamment
court pour constituer une seule couche. Finition à la berthelée en deux passes
croisées en diagonale.
BADIGEONS
Après ravalement, passage d'un badigeon microporeux constitué d'un lait de chaux
coloré aux oxydes naturels, compris sujétions de rechampis sur briques et
pierres.
PEINTURE DES ENDUITS
Grattage des peintures écaillées, lavage avec détergent à base de fluorure
d'ammonium,
Rebouchement des fissures par enduit de rebouchage à base de chaux après
grattage des parties
non adhérentes et pontage des fissures importantes par tissu de verre,
Passage d'un enduit ratissé qualité extérieure pour égalisation de la surface,
Deux couches de peinture microporeuse minérale à base de silicate de potassium,
compris toutes sujétions de rechampi.
CORDONS EN ENDUIT
Exécution de moulures au mortier de chaux avec incorporation de durcisseur.
Profils de moulures tirés
selon gabarits en négatif. Les reliefs importants pourront être renforcés par
une armature nylon ou inox.
TRAITEMENT DES FERS
Tous les fers apparents ou dégagés lors des travaux seront décapés à la brosse
métallique et
passivés. Les fers apparents en façade recevront en outre deux couche de
peinture de finition mate.
CHENEAUX BOIS
Après dépose de la zinguerie par le couvreur, réfection des fonds et jouées des
chêneaux en bois.
Le fond du chêneau sera constitué d'un panneau de CTBX posé sur baguettes pour
réglage des pentes. La planche de rive sera en sapin rouge à peindre; la lisse
basse présentera un congé mouluré, la lisse haute sera complétée par une moulure
formant corniche. Les bois seront posés avec leur couche d'impression.
L'entrepreneur livrera au couvreur des chêneaux réglés prêts à habiller en
feuilles de zinc.
REVISION DE MENUISERIES
Vérification des menuiseries existantes conservées.
Décapage des bois, vérification des assemblages et ferrures, remplacement des
parties défectueuses en bois secs d'essences identiques, serrage des
assemblages, vérification de la serrurerie. Une attention particulière sera
apportée aux pièces d'appui. Imprégnation par une couche de lasure nourrissante.
DEPOSE DE VOLETS ROULANTS
Dépose avec soin des volets roulants extérieurs, des coffrages et des cadres
rapportés, et enlèvement aux décharges. Compris toutes sujétions de découpes,
dépose de scellements et rebouchements au mortier de chaux.
REVISION DE VOLETS ET CADRES
Vérification des cadres de persiennes et volets roulants.
Décapage des bois et ferrures, remplacement des moulures abîmées et des
ferrures; vérification et remise en jeu des volets tringlerie…
Restauration, remplacement à l'identique ou création sur les modèles de
référence des lambrequins moulurés.
ZINGUERIE DES CHENEAUX
Dépose de la zinguerie au titre du présent lot.
Réfection des fonds de chêneaux et jouées au titre du lot menuiserie. Le fond de
chêneau est constitué d'une plaque de CTBX posé sur baguettes pour réglage de la
pente, la planche de rive en sapin à peindre.
Habillage des chêneaux en feuilles de zinc 14; compris plis, main courante et
manchon pour sortie des eaux pluviales.
DESCENTES D'EAUX PLUVIALES
Vérification des descentes d'eaux pluviales.
Pour les descentes remplacées, fourniture d'un tuyau en zinc prépatiné, Ø 80 ou
100, selon calcul, compris coudes, colliers, bagues et tous moyens d'attache. En
pied de chute, exécution d'un dauphin en fonte, hauteur 2 m au dessus du sol.
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